Est-ce que le contenu synthétique des oreillers et des couettes augmente le risque d’asthme sévère ?

Traditionnellement, on recommandait aux patients souffrant d’asthme de renoncer aux couettes et oreillers en duvet au profit d’une literie synthétique. Løvik souligne que cette recommandation générale se fondait sur la tradition et des croyances, non pas sur une recherche empirique ni sur l’analyse.


L’article de Løvik se réfère à deux études, l’une britannique et l’autre néo-zélandaise, dont l’objectif était de déterminer si le contenu des couettes et des duvets jouait un rôle dans les cas d’asthme sévère. Ci-dessous, les références bibliographiques de ces recherches:

1.Strachan DP, Carey IM.

 Home environment and severe asthma in adolescence; a population based case-control study. (« L’environnement domestique et l’asthme sévère à l’adolescence ; recherche fondée sur une étude casuistique de la population ») BMJ 1995; 311:1053-6

2. Kemp TJ, Siebers RW, Fishwick D, O’Grady GB, Fitzharris P, Crane J.

House dust mite allergen in pillows (« L’allergène d’acarien dans les oreillers »). BMJ 1996; 313:916

Le premier article, britannique, se penche sur les cas d’enfants anglais souffrant de problèmes respiratoires graves. Deux facteurs importants ont été mis en évidence dans ces maladies. D’une part, la présence d’animaux domestiques à fourrure aggrave ces problèmes respiratoires.
D’autre part, les oreillers en duvet ont un effet protecteur considérable en comparaison des oreillers au contenu synthétique.

L’analyse néo-zélandaise compare, quant à elle, les capacités respectives des oreillers en duvet et synthétiques à augmenter le risque d’asthme sévère. Il résulte de cette comparaison que les oreillers synthétiques peuvent contenir jusqu’à 8 fois plus d’allergènes provenant d’acariens que les oreillers en duvet. Or, l’allergie aux acariens représente le problème le plus important en la matière.

Ainsi, cette étude révèle une information surprenante : lors de l’analyse, l’enveloppe des oreillers en polyester était identique à celle des oreillers en duvet, c'est-à-dire en coton tissé très serré (ce qui permet d’éviter que le duvet ne s’échappe des fourres). En effet, habituellement, les fourres des oreillers synthétiques sont fabriquées en textile de coton beaucoup moins fin.
Cette recherche démontre ainsi que, contrairement à ce que l’on affirmait auparavant, le coton plus grossier des enveloppes ne joue aucun rôle dans la pénétration des acariens dans les oreillers synthétiques. ....>>>